La rôdeuse
La rôdeuse
Elle rôde, jamais repue, en rat maudit, dans les rues, et pas qu’à Paris… Son appétit frémit, – la nuit tous les chats sont gris – c’est l’heure de faire son beurre lui dicte sa gloutonnerie… Un vieux, sur le bord du trottoir, un rien aigris, lui cale ses envies… Elle part faire une petite digestion le long d’un canal sans âme et hop elle repart, un peu ballonnée, – le vieux était un tantinet gazeux – faire sa tournée…
L’aube pointe son nez, elle file – le sien un peu alcoolisé – , se cacher, car en plein jour, elle circule plus subtile !
Meurt-on mieux à minuit qu’à midi ? C’est le cadet de ses soucis… La mort n’a pas d’heures spéciales pour engloutir… Ni plat de nuit ni plat de jour… tout est bon, il n’y a rien à jeter… Quant aux âmes cachées derrière les verrous, cela donne du piquant à ses jolies dents !




